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jeudi 26 mai 2016

 
GROSSIR LE CIEL - Franck Bouysse
La manufacture de Livres

                                                      


Quatrième de couverture :
L' abbé Pierre vient de mourir. Gus ne saurait dire pourquoi la nouvelle le remue de la sorte. Il ne l' avait pourtant jamais connu, cet homme-là, catholique de surcroît, alors que Gus est protestant. Mais sans savoir pourquoi, c'était un peu comme si l'abbé faisait partie de sa famille, et elle n'est pas bien grande, la famille de Gus. En fait, il n'en a plus vraiment, à part Abel et Mars. Mais qui aurait pu raisonnablement affirmer qu'un voisin et un chien représentaient une vraie famille ? Juste mieux que rien. C'est justement près de la ferme de son voisin Abel que Gus se poste en ce froid matin de janvier avec son calibre seize à canons superposés. Il a repéré du gibier. Mais au moment de tirer, un coup de feu. Abel sans doute a eu la même idée? Non.
Longtemps après, Gus se dira qu'il n aurait jamais dû baisser les yeux. Il y avait cette grosse tache dans la neige. Gus va rester immobile, incapable de comprendre. La neige se colore en rouge, au fur et à mesure de sa chute. Que s'est-il passé chez Abel ?
 
 
 
 
 
 
Gus,

ta ferme je la connais, je l'ai déjà vue et j'y ai déjà mis les pieds. Tu sais, je te connais en fait. Quand j'étais petite, j'accompagnais souvent mon papa vétérinaire. Il allait de ferme en ferme dans des Ardennes Belges pas toujours à la pointe de la modernité il faut le reconnaître.
Et des hommes comme toi, j'en ai rencontrés, ils sont ancrés dans mes souvenirs ... Des hommes rudes, rustres, marqués par le temps et par la vie.
Alors quand j'ai commencé ton histoire, j'ai revu Achille et sa ferme, trou perdu et vdm ! Question ambiance, je me dis que les Cévennes n'ont rien à envier à certains coins perdus de chez nous ! Cette histoire est pourtant intemporelle et pourrait se passer n'importe où.

Ta vie, personne en voudrait. Toi, tu as le nez dedans, point barre.
Tu te lèves, tu travailles , tu manges, tu te couches. Tu as bien le vieil Abel qui te file un coup de main de temps en temps et qui te fait causette (tout de suite les grands mots ;) !) de temps à autres, histoire de parler à quelqu'un d'autre qu'à ton chien.

Et puis un jour, un simple coup de fusil vient chambouler ta vie. C'est pas grand chose un coup de fusil tu me diras, surtout par chez vous ! Mais cela suffit à tout chambouler dans ta tête ... et dans ta vie. De secrets en mensonges, de suspicions en soupçons ... Tu gamberges ... Pour finalement arriver à cette fin ! Suis certaine que tu aurais préféré la garder ta petite vdm, ton train train ! Mais on choisit pas toujours Gus. Et après, ben débrouille toi pour vivre avec ...

Roman noir et rural, je n'en savais pas plus en le commençant. Pas mieux à dire à dire, mais c'est évidemment bien plus. Ce bouquin c'est une ambiance, un sentiment qui monte au fil de votre lecture, un cliché de la vie dans ces coins reculés, une histoire d'hommes, ...
 
Lisez-le !

Ma note : 4/5
 

mercredi 16 mars 2016

CORROSION - Jon Bassoff
Editions Gallmeister

 
 
 


Quatrième de couverture :

Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.


CORROSION ou comment découvrir ce qu'est un vrai roman noir ...

Quand j'ai commencé Corrosion, je m 'étais obligée à ne pas trop lire de chroniques/critiques/avis dessus, histoire de ne pas me me focaliser sur tel ou tel aspect du livre.

Et en fait, on n'a pas tellement le choix avec cette lecture !
Ici tout est noir, sombre, dément ! Tout n'est que violence, folie, désolation, peur, laideur ... Et c'est ce qui évidemment, donne tout son sens à ce livre. Ici, rien ni personne n'est épargné.

Alors âme sensible, dépressif, fan de l'île aux enfants et autre « vagueur à l'âme » , passe ton chemin. Ce bouquin n'est pas pour toi. Sache qu'ici tu plonges dans la Folie des hommes. Celle avec un grand F. Celle qu'on ne soupçonne pas, nous pauvres péquenots qui pensons que dans tout être humain qui se respecte se cache une once d'humanité, même chez les plus déjantés. Mais justement, il y a bien peu de respect et d'humanité ici ...

Première partie : Vous découvrez Joseph, vétéran d'Irak et on imagine donc fort fort bien tout ce qui peut aller avec ce « statut » pas simple à vivre. Et puis vient le deuxième partie : Benton, fils aimant, mère malade et père à la masse. Et là, Joseph pourrait presque passer pour un enfant de chœur ... Presque ...
Je vous laisse découvrir la troisième partie, la quatrième étant une sorte d 'épilogue.
 
Je me suis surprise à accélérer mon rythme de lecture. J'avais besoin d'air. Je me disais sans doute que la bouffée d'oxygène allait arriver, la petite lueur d'espoir allait s'allumer ! Rassurez-vous, j'ai respiré un grand coup et ai continué ma lecture ... Elle n'est jamais arrivée cette minuscule petite bouffée d'air.
Et au final ?
 
Un bouquin qui porte terriblement bien son titre, Corrosion, ou comment l'âme peut se dégrader, se détruire petit à petit jusqu'à sa fin, sans retour.
Un bouquin qui rentre parfaitement dans sa catégorie. Roman Noir. Porté par un style littéraire qui lui va bien. Phrases courtes sans fioritures, dialogues non définis dans le texte ... Soit un texte linéaire, comme cette suite d'événements, de faits sordides ...
 
Une découverte d'un style que je connais peu, mais que j'ai aimé même si après cette lecture je vais peut-être me replonger dans Tchoupi à la ferme ou Martine à la mer, histoire de m'aérer un peu l'esprit ;)